Crédit : Tate McRae, Justin Higuchi, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons, recadré
Informations
Date de sortie : 27/05/2022
Genre musical :
Label : RCA Records Label
Nombre de ventes : 700 000
Voir l’artiste
Cover i used to think i could fly, Tate McRae
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Date de sortie : 27/05/2022
Genre musical :
Label : RCA Records Label
Nombre de ventes : 700 000
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i used to think i could fly

Date de sortie : 27/05/2022
Genre musical :
Label : RCA Records Label
Nombre de ventes : 700 000

i used to think i could fly

Environnement et histoire de l’album

I Used to Think I Could Fly est le premier album studio de Tate McRae, paru le 27 mai 2022 via le label RCA Records. À l’époque âgée de moins de vingt ans, la chanteuse-danseuse canadienne franchit une étape majeure : passée d’artiste virale à véritable tête d’affiche pop, elle choisit de transposer ses expériences personnelles en un projet cohérent, structuré et ambitieux. L’album s’inscrit dans un univers où la pop urbaine, le bedroom pop et l’afro-pop coexistent, mais Tate McRae opte pour une approche plus directe et expressive, axée sur l’émotion brute, la confession et le désir de dépasser la simple viralité de ses hits précédents.

Le travail de l’album débute dans les années 2020, alors que Tate McRae sort plusieurs singles à succès (notamment « You Broke Me First » en 2020) et se décide à transformer ce momentum en un album complet. Elle collabore avec des producteurs reconnus comme Greg Kurstin, Finneas, Blake Slatkin ou Louis Bell, afin de donner à son son une dimension plus internationale. Le choix du titre reflète cette intention : « I Used to Think I Could Fly » évoque à la fois la naïveté des débuts, le constat d’une réalité plus complexe et la volonté de « s’envoler » malgré tout. L’album est précédé par les singles « Feel Like Shit », « She’s All I Wanna Be », « Chaotic » et « What Would You Do? », qui permettent d’installer une tonalité musclée et introspective avant la sortie.

Analyse musicale

Sur le plan musical, I Used to Think I Could Fly mêle pop, dance-pop et éléments de bedroom pop, avec un fort penchant pour les textures minimalistes mais impactantes. La production privilégie des rythmes clairs, des basses présentes mais jamais écrasantes, des claviers ou synthés atmosphériques et une instrumentation souvent épurée, laissant la voix et les textes occuper une place centrale. Certaines plages évoquent le punk-pop ou le rock léger (notamment via l’interpolation de Nelly dans « Don’t Come Back »), tandis que d’autres se conforment à une pop électronique plus douce et introspective.

La structure des chansons reste relativement conventionnelle (couplet / refrain / pont), mais l’album se distingue par un soin particulier apporté aux transitions, à l’équilibre entre titres rapides et titres lents, et à l’enchaînement global. L’écoute de l’ensemble donne une impression de narration fluide : des blessures sentimentales au dépassement de soi, en passant par l’affirmation. Cette cohésion sonore contribue à faire de l’album non seulement une collection de singles efficaces, mais un véritable projet d’artiste.

Analyse vocale

Tate McRae adopte sur cet album une approche vocale plus mure et contrôlée qu’à ses débuts. Elle reste fidèle à son registre de médium et à son phrasé emprunté au style R&B/urbain, mais elle ose davantage la variation, les micro-traits d’expression (soupirs, respirations, ad-libs) et l’attaque rythmique. Plutôt que privilégier la pure démonstration technique, elle mise sur l’authenticité, la nuance et l’émotion. Les passages plus rapides témoignent d’une aisance scénique, les ballades montrent une fragilité assumée.

La production laisse souvent sa voix en premier plan, avec des effets subtils (doubles voix, légers échos) qui servent le texte et l’interprétation plus que la mise en valeur spectaculaire. Tate McRae montre ainsi qu’elle possède une ligne vocale claire, une personnalité audible et un style distinct, ce qui renforce l’impact global de l’album.

Analyse des paroles

Les paroles de I Used to Think I Could Fly touchent aux thèmes de la jeunesse, de la vulnérabilité, de l’indépendance, de la trahison et du dépassement. Tate McRae les qualifie elle-même de « journal intime », affirmant écrire ses « vilaines pensées » pour se libérer. L’écriture se caractérise par un langage direct, contemporain, souvent familier, mais toujours sincère. Il n’y a pas de grands métaphores compliquées : la force du propos réside dans sa clarté et sa résonance émotionnelle.

Certains titres explorent la colère refoulée (« What Would You Do? », « Don’t Come Back »), d’autres la remise en question (« Hate Myself », « Feel Like Shit ») ou la reconnaissance de sa propre valeur (« She’s All I Wanna Be »). L’album parle autant des autres que de soi – des attentes, des illusions, des choix, de la maturité. Le ton est volontairement générationnel : il s’adresse à ceux qui ont grandi en ligne, avec les réseaux sociaux, les comparaisons constantes, et qui cherchent une voix pour exprimer ce mélange d’aspirations et d’angoisses.

Chansons marquantes

« She’s All I Wanna Be » se démarque comme un tube puissant mêlant mélodie accrocheuse et énergie pop-rock, illustrant parfaitement l’ambition de l’album. « Feel Like Shit », plus sobre mais très percutant, traduit l’introspection doloriste de Tate McRae. « Don’t Come Back », en plus de son texte vindicatif, illustre l’influence cross-genre (avec l’interpolation de Nelly) et l’envie de ne pas se laisser définir uniquement par les ballades. Enfin, « Chaotic » incarne le moment de catharsis de l’album, une explosion de frustration traduite en pop intense.

Bilan

I Used to Think I Could Fly est une réussite pour Tate McRae : elle y jette les bases d’une carrière qui dépasse les tendances virales pour s’inscrire dans une trajectoire durable. L’album combine les aspects immédiatement séduisants d’un pop-album très bien produit et la cohérence d’un disque d’artiste en pleine affirmation. Il lui permet de conquérir un public large tout en conservant son identité singulière.

En résumé, cet album marque le passage d’une artiste prometteuse à une artiste pleinement consciente de son univers et de son potentiel. Avec maturité, honnêteté et ambition, Tate McRae prouve que sa place sur la scène pop internationale n’est pas le résultat d’un hasard mais d’un travail, d’une vision et d’une voix authentique.